Accueil » Investissements » Le PER » Le PER individuel : quel intérêt pour les épargnants ?

Le PER individuel : quel intérêt pour les épargnants ?

Le PER individuel a été lancé durant l’automne 2019 avec la loi PACTE. Il amène plus de souplesse que ces prédécesseurs et tend a être plus intéressant grâce à la concurrence entre les acteurs du marchés : assureurs, banquiers, courtiers, conseillers en gestion de patrimoine etc.

Le PER s’adresse-t-il à tout le monde ? Avez-vous vraiment un avantage à souscrire à ce type de solution d’épargne ?

Si le PER individuel est un produit idéal pour préparer votre retraite et défiscaliser, il n’est pas recommandé dans 100% des cas.

Je fais le point sur l’intérêt de posséder un PER dans cet article.

Le fonctionnement du PER : quelques rappels

Les versements sur le PER

Le Plan d’Epargne Retraite est une enveloppe fiscale : il vous permet d’épargner une somme d’argent à votre rythme (un unique versement, des versements réguliers ou ponctuels) et de la placer sur des supports adaptés à vos ambitions : de la sécurité ou du rendement par exemple, des supports diversifiés sur de l’immobilier, des actions etc.

Le PER a pour vocation de préparer votre retraite par le versement d’un rente ou de capitaux après votre départ à la retraite. En principe, les sommes ne peuvent être débloquées qu’après cette date.

La fiscalité du PER à l’entrée

La spécificité du PER réside surtout dans sa fiscalité. Vous bénéficiez d’une déduction d’impôts sur le revenu des versements effectués sur le plan. Le gain fiscal est donc propre à votre tranche marginale d’imposition.

Pour rappel, votre impôt sur le revenu est calculé en appliquant des taux d’imposition par tranches à votre quotient familial (revenus divisé par nombre de parts de votre foyer fiscal). Nous rappelons ici les tranches (les montants sont arrondis) :

Tranches Tranche marginale d’imposition
Jusqu’à 10 100€ 0%
De 10 100€ à 25 750€ 11%
De 25 750€ à 73 500€ 30%
De 73 500€ à 158 100€ 41%
Plus de 158 100€ 45%

Exemple : un célibataire a une seule part fiscale. S’il déclare 50 000€ net au fisc, il devra payer (10 100€ – 0€) x 0% + (25 750€ – 10 100€) x 11% + (50 000€ – 25 750€) x 30% = 8 997€.

Une personne qui verse 1 000€ sur son PER fera baisser le montant imposable de son foyer fiscal de 1 000€. L’impact fiscal sera donc différent s’il se situe sur une tranche marginale à 30% ou 41%. Dans le premier cas, l’économie d’impôt est de 30% x 1 000€ = 300€ et dans le second, elle est de 41% x 1 000€ = 410€.

Verser sur son PER procure donc un avantage fiscal immédiat à l’épargnant. Attention toutefois, le montant déductible est limité par un plafond (reporté sur votre dernier avis d’imposition).

Les cas de sortie du PER

Même si le PER individuel ne peut être débloqué en principe qu’à la retraite, il existe quelques exceptions : l’achat d’une résidence principale, les accidents de la vie, la fin des indemnités chômage etc.

Le PER est généralement ouvert chez un assureur. Vous bénéficiez ainsi d’une fiscalité attractive lors de succession (similaire au produit d’épargne de l’assurance-vie), protégeant ainsi vos proches.

La fiscalité à la sortie du PER

Dans le cas où l’épargnant sort de l’argent de son PER (après son départ à la retraite ou pour sa résidence principale), de la fiscalité est appliquée.

Pour cela il faut distinguer la partie de capital versée et la plus-value générée.

Le capital est fiscalisé à l’impôt sur le revenu (à la tranche marginale d’imposition) et la plus-value supporte le PFU (prélèvement forfaitaire unique de 30%, aussi appelé Flat-Tax).

Concrètement, un retrait de 1 000€ (800€ de capital et 200€ de plus-value) de son PER pour un épargnant ayant un TMI de 11%, les prélèvements seront les suivants :

  • Sur le capital : 800€ x 11% = 88€
  • Sur les plus-values : 200€ x 30% = 60€

Soit un prélèvement total de 88€ + 60€ = 148€.

Si l’épargnant fait le choix de sortir son argent sous forme de rentes, il devra demander à l’assureur de convertir le capital en rentes. Les rentes seront fiscalisées après application d’un abattement qui dépend de l’âge de l’épargnant lors du versement de la première rente.

Pourquoi investir dans un PER ?

Comme son nom l’indique, le PER permet de préparer et d’épargner pour sa retraite.

Si votre objectif n’est pas de consacrer de l’épargne pour votre retraite, il est donc évident que le PER ne sera pas adapté.

Le PER vous permet de bénéficier d’un levier fiscal : grâce à la baisse de vos impôts, vous pouvez investir davantage. Si votre fiscalité est importante, le PER fait donc encore plus de sens.

La baisse de la fiscalité à la retraite est source de performance

Comme j’ai pu vous l’expliquer :

  • Vous bénéficiez d’une déduction d’impôts à l’entrée
  • Vous êtes fiscalisé à la sortie

Si votre TMI est plus faible à la sortie qu’à l’entrée, vous pouvez donc obtenir un gain supplémentaire uniquement grâce à la fiscalité.

Exemple : Vous versez 10 000€ sur votre PER. Vous vous situez sur une tranche à 41% et celle-ci tombera à 11% un an plus tard lorsque vous retirerez le capital à votre retraite.

Si le capital n’a pas évolué, vous avez donc gagné 41% x 10 000€ = 4 100€ à l’entrée et vous payez 11% x 10 000€ = 1 100€ à la sortie. Soit un gain de 4 100€ – 1 100€ = 3 000€ uniquement avec votre fiscalité !

Obtenir des rentes pour sa retraite

Les PERP et Madelin (anciens PER) ne permettaient de faire que des retraits sous forme de rentes. Bien souvent, le taux technique retenu par l’assureur n’était pas très élevé et la rente servie était assez faible.

Le nouveau PER permet de faire des retraits partiels du capital. Non seulement vous continuez à faire travailler votre capital qui reste sur votre PER mais vous maîtrisez votre fiscalité. En effet, un retrait de capital trop important risque de vous faire passer dans les tranches d’imposition plus élevées (l’intérêt fiscal sera donc plus faible).

Générer des rendements plus forts que les livrets bancaires classiques

En mettant en place une vrai stratégie d’investissement (appelée allocation d’actif), vous pouvez diversifier vos investissements au sein du PER et obtenir des rendements plus élevés que les solutions bancaires traditionnelles.

Par exemple, au travers de votre PER, il est possible d’investir dans des supports actions, obligations, immobiliers, fonds euros etc.

Pour que le PER soit intéressant, la fiscalité doit-elle forcément baisser à la retraite ?

C’est la question qui revient régulièrement et elle est parfaitement compréhensible.

En effet, si on diminue sa fiscalité à l’entrée mais qu’elle augmente à la sortie, on peut donc se demander quel est réellement l’intérêt d’investir dans un PER.

En revanche, l’alternative serait d’investir dans l’assurance-vie mais cette solution génère également de la fiscalité.

Pour rappel, l’épargnant qui verse sur une assurance-vie ne bénéficie par d’avantage fiscal à l’entrée. A la sortie, il paie des prélèvements sociaux de 17,2% sur les plus-values. Au-delà de 4 600€ d’abattement annuel, il devra également payer un impôt de 12,8% (de telle manière que l’épargnant paie 30% de PFU au-delà de cet abattement).

En fonction de la tranche marginale d’imposition à l’entrée et à la sortie, l’épargnant peut donc avoir intérêt à privilégier l’assurance-vie.

J’affiche donc dans le tableau ci-dessous les cas où investir dans un PER est intéressant (PER) ou s’il faut privilégier une assurance-vie (AV)

TMI à l’entrée / TMI à la sortie 0% 11% 30% 41% 45%
0% AV AV AV AV AV
11% PER PER AV AV AV
30% PER PER PER PER PER
41% PER PER PER PER PER
45% PER PER PER PER PER

On voit donc qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une baisse de fiscalité à la retraite pour que le PER devienne intéressant.

En effet, la déduction d’impôt à l’entrée permet à l’investisseur de verser un montant plus important sur le PER que sur une assurance-vie.

Prenons le cas suivant :

  • Versement de 10 000€
  • Sur la durée d’investissement, le capital est multiplié par 2
  • La TMI à l’entrée et à la sortie est de 30%

L’investisseur pourra placer 14 286€ sur une PER et il générera 4 286€ de baisse d’impôt (on a donc bien un effort de 14 286€ – 4 286€ = 10 000€).

A la sortie, son encours est de 28 572€, composé de 14 286€ de capital et 14 286€ de plus-value (souvenez-vous, le capital à doublé).

La fiscalité à la sortie est donc de 28 572€ x 30% (impôt sur le capital) et de 28 572€ x 30% (prélèvements sociaux sur la plus-value). Soit un retrait net de 20 000€.

Si l’investisseur avait placé 10 000€ sur une assurance-vie (il n’a pas d’avantage fiscal à l’entrée), l’encours final serait de 20 000€. La part de plus-value du retrait serait fiscalisée à 17,2% sur les 4 200 premiers euros puis à 30%.

Le retrait net serait donc de 20 000€ – 17,2% x 4 200€ -30% x (10 000€ – 4 600€) = 17 589€.

Notez que même si l’investisseur voyait sa TMI passer de 30% à 45% à la retraite, le PER serait préférable.

En effet, le retrait net du PER serait dans ce cas de 28 572€ – 14 286€ x 45% – 14 286€ x 30% = 17 858€.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.