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Investir dans des obligations : le guide complet 2023

Investir dans des obligations redevient attractif grâce à la remontée des taux. Cette classe d’actif n’est pas aussi populaire que les actions mais elle est aussi moins risquée et vous apporte de la visibilité sur les rendements.

📋 Le Sommaire afficher

Pourquoi investir dans des obligations ?

Quels sont les avantages des obligations ?

Les obligations offrent plusieurs avantages significatifs aux investisseurs, chacun contribuant de manière unique à la gestion des risques et à l’optimisation du portefeuille.

Les avantages des obligations : rendement, diversification, risque limité

Réduire le risque

L’un des principaux atouts des obligations est leur faible volatilité comparée aux actions. En intégrant des obligations dans un portefeuille boursier, l’investisseur peut significativement diminuer le risque de perte. Cette caractéristique les rend particulièrement attrayantes pour ceux qui cherchent à atténuer les fluctuations de leur investissement.

Améliorer la diversification

Les obligations jouent un rôle crucial dans la diversification d’un portefeuille. Il est courant de constater une appréciation des obligations pendant les périodes de baisse des marchés d’actions. En période de turbulence boursière, les investisseurs ont tendance à se tourner vers des actifs perçus comme moins risqués, comme les obligations. Ainsi, inclure des obligations dans un portefeuille peut fournir un contre-poids utile pendant les périodes difficiles sur les marchés d’actions.

Avoir de la visibilité sur les rendements

Contrairement aux dividendes des actions, qui peuvent varier et sont incertains, les obligations offrent un taux de rémunération fixe et préétabli. Cette caractéristique assure aux investisseurs une plus grande visibilité et prévisibilité quant à la rentabilité de leur investissement. Cela peut être particulièrement rassurant pour ceux qui souhaitent une source de revenus plus stable.

Cependant, les obligations ne sont pas sans inconvénients. Leur principal désavantage réside dans le fait que, sur le long terme, leur rentabilité est généralement inférieure à celle des actions. Néanmoins, depuis 2022, une remontée des taux a redonné de l’attrait aux obligations, rendant ces dernières plus intéressantes pour certains profils d’investisseurs.

La remontée des taux depuis 2022 : une aubaine !

Evolution des taux d’emprunt de l’Etat français

Le graphique que vous voyez ci-dessus illustre l’évolution historique des taux des obligations à 10 ans pour la France. Vous avez sans doute remarqué que, face à la résurgence de l’inflation en 2022, les banques centrales ont été contraintes d’augmenter leurs taux directeurs. Cette décision a provoqué, en chaîne, une hausse des taux obligataires. Alors qu’ils étaient presque nuls depuis la fin des années 2020, ils ont connu une augmentation significative en 2022.

Vous pouvez maintenant souvent trouver des obligations dont le rendement se situe entre 3% et 8%, en fonction du type d’obligation et de sa durée de maturité.

Face à ces taux, les obligations redeviennent des options compétitives comparées à d’autres placements financiers :

  • Les livrets, dont les taux gravitent autour de 3%.
  • Les fonds en euros des assurances-vie, avec des rendements oscillants entre 1 et 3%.
  • Les SCPI, dont les rendements se rapprochent des 5%.

Il est donc temps de reconsidérer les obligations comme un élément important de votre portefeuille d’investissement.

Pourquoi le prix des obligations baisse quand les taux montent ?

La valeur des obligations baisse lorsque les taux montent

Avec une obligation à taux fixe, le revenu que vous recevez reste le même. Pourtant, son prix peut varier avec les taux d’intérêt. Si les taux montent, de nouvelles obligations plus rentables apparaissent, diminuant la valeur des anciennes. Les détenteurs cherchent alors à les échanger, privilégiant un rendement plus élevé.

À l’inverse, si les taux baissent, vos obligations existantes prennent de la valeur. Mais prudence : vendre votre obligation avant terme, dans un contexte de taux croissants, pourrait se solder par une perte.

C’est ce que l’on appelle le risque de taux.

Comment investir dans des obligations ?

Il existe plusieurs manières d’investir dans des obligations. Nous vous présentons toutes les méthodes pour investir dans des obligations.

Investir dans des obligations avec des fonds

Les fonds d’obligations sont des portefeuilles regroupant diverses obligations, gérés par des experts. Ils offrent aux investisseurs l’opportunité de diversifier leur portefeuille obligataire sans la nécessité d’acquérir chaque obligation séparément. Ces fonds peuvent adopter une gestion active ou passive, investissant habituellement dans des obligations émises par des entreprises ou des gouvernements.

Dans le cas d’une gestion active, le gérant du fonds va sélectionner des obligations en fonction de sa stratégie d’investissement : optimiser le rendement, réduire le risque du portefeuille, diversifier le risque, etc.

Une gestion passive, revient pour le gestionnaire, à acheter des obligations et les laisser courir jusqu’à leur échéance.

Investir dans des obligations avec des ETF obligataires

Les ETF (Exchange-Traded Funds) obligataires sont des collections d’obligations, cotées en bourse, conçues pour imiter les performances d’un indice obligataire, à l’instar des ETF axés sur les actions. Ils proposent une diversification étendue sur les marchés obligataires et présentent souvent des frais de gestion inférieurs par rapport aux fonds obligataires classiques.

Un exemple typique est l’ETF qui suit l’indice Bloomberg Barclays Global Aggregate Bond Index, lequel englobe un large éventail d’obligations internationales. Par exemple, AMUNDI INDEX BARCLAYS GLOBAL AGG 500M – UCITS ETF DR qui propose près de 14 000 titres.

Investir dans des obligations en direct

Pourquoi investir dans des obligations en direct ?

En investissant directement dans des obligations individuelles, vous avez la possibilité d’acquérir des obligations émises par des entreprises ou des gouvernements. Cette approche vous donne un contrôle total sur la composition de votre portefeuille, vous permettant de choisir précisément la durée et la qualité de crédit des obligations que vous détenez. Cependant, cela requiert souvent plus de temps et d’effort pour la recherche et la gestion de ces titres, ainsi qu’un investissement plus conséquent pour garantir une diversification adéquate.

Est-il possible de perdre la totalité de son capital en investissant sur des obligations ?

Lorsque vous investissez dans une obligation, vous prêtez de l’argent à une société ou un gouvernement. Vous n’êtes donc à l’abri que celui-ci fasse faillite et ne puisse pas vous rembourser le capital qu’il vous a emprunté et les intérêts qu’il vous doit.

C’est la raison pour laquelle il est préférable :

  • De bien choisir l’obligation dans laquelle investir si vous investissez en direct.
  • Ou de déléguer la gestion de votre portefeuille obligataire a un fonds d’investissement ou à un conseiller financier expérimenté.

Comment acheter des obligations de l’état français ?

Il existe principalement deux catégories d’obligations émises par l’État :

  1. Les Bons du Trésor : On distingue deux types de Bons du Trésor. D’une part, il y a les Bons du Trésor à Taux Fixe et Intérêt Précompté (BTF), qui sont des obligations d’État à court terme avec une échéance inférieure à un an. D’autre part, il y a les Bons du Trésor à Intérêts Annuels (BTAN) offrant des maturités de 2 à 5 ans.
  2. Les Obligations Assimilables du Trésor (OAT) : Ces obligations sont caractérisées par leur longue durée. Les OAT les plus courantes ont une émission sur 10 ans, bien que certaines puissent s’étendre jusqu’à 30 ans et plus.

Les OAT sont qualifiées d’« assimilables » car chaque nouvelle émission possède des caractéristiques similaires aux précédentes, souvent avec un taux d’intérêt fixe. Par exemple, une OAT à 2% versera un intérêt annuel de 2% jusqu’à son échéance, sous forme de coupon. Néanmoins, il existe également des OAT à taux variable, où le coupon est indexé sur le taux de rendement actuariel, c’est-à-dire le rendement d’une OAT fictive d’une durée de 10 ans (TEC 10).

Investir dans des obligations françaises

Vous avez également l’option des OATi et OAT€i, qui sont des Obligations Assimilables du Trésor indexées sur l’inflation. Dans le cas des OATi, elles sont indexées sur l’inflation française, et pour les OAT€i, sur l’inflation européenne. Ces produits financiers fonctionnent comme des emprunts, avec la particularité que le remboursement de leur capital et le paiement de leurs intérêts varient en fonction d’un indice d’inflation. Cela signifie que le taux d’intérêt de ces obligations s’ajuste à la hausse avec l’augmentation de l’indice des prix à la consommation. Inversement, si l’inflation diminue, le rendement de ces obligations baisse également.

Les Obligations Assimilables du Trésor (OAT), OATi et OAT€i sont des options d’investissement ouvertes à toutes les catégories d’investisseurs, bien qu’elles soient principalement visées par les investisseurs institutionnels tels que les assurances, banques, gestionnaires de fonds, caisses de retraite et de prévoyance, ainsi que les fonds d’investissement.

Ces obligations sont également accessibles aux particuliers qui possèdent un compte-titre ordinaire (CTO) auprès d’un courtier en Bourse, et le processus d’achat est similaire à celui des actions.

Cependant, il est important de noter que l’investissement initial requis pour entrer sur les marchés obligataires peut être assez élevé. Le montant minimum pour commencer à investir dans ces obligations se situe généralement entre 1 000 et 10 000 euros.

Investir dans des obligations avec des fonds datés

Les fonds obligataires datés, aussi connus sous le nom de fonds obligataires à échéance, sont constitués d’un portefeuille d’obligations dont les dates de remboursement sont prédéfinies. Ces fonds offrent une alternative stable et peu risquée aux investisseurs, surtout dans le contexte actuel de remontée des taux d’intérêt.

Contrairement aux actions, les obligations représentent une dette émise par des entreprises, des institutions financières ou des gouvernements, avec un remboursement capital fixé à l’avance, ainsi que des paiements d’intérêts réguliers. Les fonds obligataires datés sont gérés par des sociétés de gestion professionnelles qui sélectionnent des obligations de divers émetteurs et échéances, permettant ainsi une diversification et une limitation du risque.

Ces fonds offrent plusieurs avantages, notamment un rendement attractif comparé à d’autres placements peu risqués, une sécurité accrue par rapport aux actions, et une diversification efficace du portefeuille. De plus, les dates d’échéance prédéterminées permettent aux investisseurs de planifier leurs rentrées d’argent.

Les fonds obligataires datés sont des véhicules d’investissement avec une date d’échéance fixée à l’avance. Ils maintiennent les obligations acquises jusqu’à cette date prédéfinie. Leur fonctionnement se déroule en trois étapes :

  1. La collecte et la sélection des titres : cette phase implique le rassemblement de capitaux et le choix des obligations à inclure dans le fonds.
  2. La période de distribution : pendant cette phase, le fonds perçoit les intérêts (coupons) des obligations et les redistribue aux épargnants.
  3. La clôture : à cette étape finale, les obligations restantes sont vendues, le fonds est clôturé et le capital est rendu aux investisseurs.

Parmi les exemples de fonds obligataires datés, citons :

  • Le fonds Corum Butler, qui a pour échéance 2029. Ce fonds vise un rendement supérieur à 5% en investissant dans des obligations d’entreprises.
  • Carmignac Crédit 2027, qui a pour échéance 2027. Le fonds vise une performance annuelle à environ 3%.

Investir dans des obligations avec le financement participatif

Le crowdfunding, ou financement participatif, est une méthode qui permet à plusieurs investisseurs individuels de se regrouper pour apporter un soutien financier à une entreprise. Dans certains cas, ce financement se fait sous forme d’obligations, offrant ainsi l’opportunité d’investir dans des startups et des PME avec de faibles montants d’investissement initial. Parfois, l’entreprise rembourse progressivement les intérêts et une partie du capital investi.

Il est important de noter que, contrairement aux obligations cotées en Bourse, qui peuvent être vendues à tout moment, ces obligations de crowdfunding sont généralement illiquides, ce qui signifie que votre investissement reste bloqué jusqu’à échéance. De plus, investir dans des PME comporte un risque de défaut plus élevé en raison de leur nature potentiellement plus fragile. Cependant, ce risque est souvent compensé par des rendements potentiellement plus élevés.

Il existe plusieurs plateformes de crowdfunding pour investir, comme Anaxago. Contactez-nous pour être accompagné dans vos choix d’investissement.

Faut-il investir dans des obligations ou des actions ?

Le choix entre investir dans des obligations ou des actions dépend de plusieurs facteurs, notamment des taux d’intérêt actuels et de votre tolérance au risque. Les obligations sont généralement considérées comme moins risquées que les actions, offrant un rendement fixe mais potentiellement inférieur à celui des actions, surtout en période de forte inflation. Les actions, quant à elles, peuvent offrir des rendements plus élevés, mais avec une volatilité accrue.

Récemment, les marchés ont été affectés par la pandémie de Covid-19 et la hausse des taux d’intérêt, impactant à la fois les actions et les obligations. Par exemple, le CAC40 a connu une baisse significative en début 2022, bien qu’il se soit redressé en 2023.

Les obligations, affectées par l’inflation, ont vu leurs rendements chuter, en raison de la relation inverse entre les prix des obligations et les taux d’intérêt.

Dans le climat économique actuel, si les taux d’intérêt continuent d’augmenter et que l’économie reste robuste, les actions pourraient continuer à offrir des rendements élevés. En revanche, si l’inflation et les taux d’intérêt diminuent parallèlement à un ralentissement économique plus grave, les obligations pourraient devenir un investissement plus sûr.

Les obligations d’État sont considérées comme particulièrement sûres, contrairement aux obligations d’entreprises, qui présentent un risque similaire aux actions. En fin de compte, la décision d’investir dans des obligations ou des actions dépend de votre propre tolérance au risque et de vos attentes en matière de croissance économique. Il est essentiel de faire preuve de diligence raisonnable pour minimiser le risque de défaut, surtout lorsqu’il s’agit d’obligations d’entreprises.

N’hésitez pas à consulter un conseiller financier expérimenté pour vous aider à bien choisir.

Quel est le rendement des obligations ?

Le rendement des obligations dépend de sa maturité et de la solvabilité de l’émetteur.

Plus la maturité est élevée et l’émetteur est fragile financièrement et plus le rendement est important. Par rendement, il faut entendre « coupon » : il s’agit de l’intérêt versé périodiquement.

Voici un exemple de rendements par type d’obligation :

TYPE D’OBLIGATIONSMATURITÉRENDEMENT
Obligations d’États Européens à court terme1 à 3 ans3 à 4%
Obligations d’États Européens à long terme7 à 15 ans3,5 à 4,5%
Obligations d’entreprises européennes1 à 10 ans3 à 6%
Obligations d’entreprises à haut rendement1 à 10 ans6 à 8%
Obligations Trésor Américain à court terme1 à 3 ans5 à 6%
Obligations Trésor Américain à long terme7 à 10 ans5%
Obligations d’entreprises américaines1 à 15 ans5 à 8%
Rendement des obligations à fin 2023

Dans quelle enveloppe loger des obligations ?

L’assurance-vie

Malgré son nom qui peut prêter à confusion, l’assurance-vie ne vise pas à vous indemniser en cas de décès, mais plutôt à constituer un ensemble d’actifs financiers que vous pouvez transmettre à des bénéficiaires après votre décès. Notez que dans la plupart des cas, les investisseurs ouvrent une assurance-vie pour constituer un capital qu’ils récupéreront avant leur décès pour financer n’importe quel type de projet, comme l’achat d’une résidence principale, payer les études des enfants, acheter une voiture, etc.

Cette assurance comporte deux caractéristiques importantes que vous devez connaître :

1. Elle offre une enveloppe fiscale qui vous permet de placer votre argent dans des actifs financiers. Lorsque vous effectuez un retrait total ou partiel après la 8e année, les gains de placements sont imposables à un taux d’impôt préférentiel (24,7 % au lieu de 30 % sur la part des versements inférieure à 150 000 euros).

2. Vous avez la possibilité de transmettre le capital placé dans votre assurance vie à des bénéficiaires sans être soumis aux règles fiscales et civiles de succession habituelles.

En ce qui concerne les options de placement, l’assurance vie vous offre également une certaine flexibilité :

  • Le fonds euros de l’assurance vie garantit le capital que vous y placez, sans risque de perte, mais son rendement diminue progressivement. Cependant, il peut constituer une alternative intéressante au livret bancaire en raison de son taux de rémunération plus élevé (entre 1 et 2 % net par an). Assurez-vous toutefois que votre contrat d’assurance vie autorise des retraits anticipés si vous souhaitez récupérer rapidement une partie ou la totalité de votre capital.
  • L’assurance vie en unité de compte investit généralement votre capital dans une sélection de fonds d’investissement tels que des OPCVM, des ETF, voire des investissements immobiliers si votre assureur le propose. Contrairement au fonds euros, le capital n’est pas garanti en unité de compte, mais les rendements potentiels sont plus élevés. Si vous envisagez de diversifier votre portefeuille en investissant dans un large éventail d’actions, l’assurance vie en unité de compte peut être une excellente option. C’est dans des unités de compte que vous devrez investir pour acheter des obligations au travers de votre assurance-vie : ETF, fonds obligataires, fonds datés, obligations en direct…
La diversification des obligations grâce aux fonds obligataires

Si votre objectif est de placer votre argent en vue de le transmettre à vos bénéficiaires avec des avantages fiscaux, l’aspect succession de l’assurance vie peut être particulièrement intéressant. En effet, le capital de votre assurance vie est exempté de l’actif successoral et peut être transmis à des bénéficiaires désignés avec un abattement de 152 501 euros par bénéficiaire (suivi d’un taux forfaitaire de 20 % jusqu’à 852 500 euros). C’est un outil idéal pour optimiser votre succession et/ou léguer une partie de votre patrimoine à des amis ou des membres éloignés de votre famille.

Le PER

Le Plan Épargne Retraite individuel (PERin) est un dispositif d’épargne retraite accessible à tous, introduit par la loi PACTE en 2019, offrant une fiscalité attractive. Il permet la déduction des versements de vos revenus imposables, réduisant ainsi vos impôts. Le PERin remplace le PERP et le contrat Madelin, et se distingue par sa flexibilité, notamment en offrant la possibilité de ne pas transformer le capital accumulé en rente viagère à la retraite.

Le PER fonctionne en deux phases : une phase d’épargne où les versements sont effectués à votre rythme, et une phase de retraite où vous pouvez opter pour une sortie en capital ou en rente viagère. L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, mais des cas de sortie anticipée sont prévus, comme l’achat d’une résidence principale ou certains accidents de la vie.

Les investissements au sein du PERin peuvent être diversifiés, comprenant des fonds en euros à capital garanti, des unités de compte (actions, obligations, fonds d’investissement, ETF, fonds immobiliers), et parfois des produits plus complexes.

Le PER est donc une enveloppe très intéressante si vous souhaitez investir dans des obligations (en direct, via des fonds obligataires ou datés, ou encore des ETF obligataires) tout en préparant votre retraite.

Il est important de noter que bien que les versements soient déductibles de vos revenus imposables, la fiscalité à la sortie est significative, s’appliquant aux retraits et aux rentes. La sortie en rente est moins avantageuse fiscalement, puisque même les plus-values sont imposées. Pour les cas de sortie anticipée, les conditions fiscales varient.

En cas de décès, le traitement du capital varie en fonction de si vous avez transformé votre capital en rente ou non. Avant 70 ans, le capital est transmis hors successions, tandis qu’après 70 ans, il est transmis à vos héritiers avec un abattement.

En conclusion, le PER est particulièrement avantageux pour ceux avec une imposition élevée, les travailleurs indépendants, ou les personnes de plus de 50 ans. Cependant, il reste utile pour les jeunes actifs imposés à 30%. La combinaison du PER investi en obligations avec une assurance-vie ou un compte-titres peut être judicieuse, offrant flexibilité et disponibilité de l’épargne.

Le compte-titres

Si vous cherchez à diversifier votre portefeuille d’investissement et à explorer une large gamme d’actifs financiers, le compte-titres ordinaire (ou compte d’instruments financiers) pourrait être l’outil idéal pour vous. À travers ce compte, vous pouvez investir en bourse dans des actions, des obligations, des fonds d’investissement, et bien plus encore, le tout sans aucune limite géographique ni plafond d’investissement contraignant.

Parmi les actifs obligataires, vous pourrez retrouver :

  • Les obligations en direct
  • Les fonds obligataires
  • Les fonds datés d’obligations
  • Les ETF obligataires

Bref, une très large gamme d’investissements en obligations.

L’ouverture d’un compte-titres ordinaire est accessible à n’importe quel particulier, à condition d’être majeur (ou mineur émancipé). Cependant, il est important de noter que ce compte ne vous offre aucun avantage fiscal sur les produits de placements. En d’autres termes, les intérêts, les dividendes et les plus-values que vous percevez seront soumis à la fiscalité de droit commun, avec une flat tax de 30 % ou votre tranche marginale d’impôt, ainsi que des prélèvements sociaux de 17,2 %.

Malgré l’absence d’avantages fiscaux, la grande variété d’actifs que vous pouvez acquérir via un compte-titres en fait un outil essentiel pour la constitution d’un patrimoine financier diversifié et cohérent. Vous pourrez ainsi investir dans des obligations mais également d’autres types d’actifs financiers.

Cependant, il est préférable de considérer le compte-titres comme un complément aux autres enveloppes fiscales telles que l’assurance-vie et le PEA. Cela vous permettra d’augmenter la diversification de votre patrimoine en investissant dans des actifs qui ne peuvent pas être logés dans un PEA (qui ne couvre que les actions européennes) ou dans une assurance-vie (dont le choix d’actifs peut être restreint selon l’assureur que vous choisissez).

En ce qui concerne les frais, il est important de noter que le compte-titres ordinaire offre généralement des frais parmi les plus bas, à moins que vous ne réalisiez des arbitrages fréquents, ce qui pourrait entraîner le paiement de commissions importantes.

Le contrat de capitalisation

Vous avez peut-être entendu parler de l’assurance vie, mais connaissez-vous le contrat de capitalisation ? C’est une option méconnue qui offre une opportunité unique d’investir dans des obligations tout en planifiant efficacement la transmission de votre patrimoine.

Comme l’assurance-vie, vous pourrez investir sur d’autres supports diversifiés, comme les actions ou l’immobilier.

La grande différence entre l’assurance vie et le contrat de capitalisation réside dans la façon dont la transmission est gérée. Dans le cas de l’assurance vie, la transmission des primes ne peut avoir lieu qu’au décès du souscripteur, ce qui entraîne la liquidation des placements et une fiscalité particulière, car le capital de l’assurance vie n’est pas considéré comme faisant partie de la succession.

En revanche, avec un contrat de capitalisation, la mort du souscripteur n’entraîne pas la liquidation des placements, mais le capital fait partie de la succession. Les héritiers deviennent alors les nouveaux propriétaires du contrat et de tous les actifs qu’il renferme. De plus, contrairement à l’assurance vie, il est possible de faire une donation du contrat de capitalisation de votre vivant, ce qui vous permet de planifier votre succession de manière proactive. Cette donation peut concerner la pleine propriété du contrat, l’usufruit ou la nue-propriété, offrant ainsi des options pour optimiser l’impôt sur les donations.

C’est une stratégie à considérer sérieusement si vous envisagez d’investir dans des obligations tout en préparant la transmission de votre patrimoine.

Quels sont les risques lorsque l’on investit dans des obligations ?

Lorsque l’on investit dans des obligations, on s’expose à différents risques. Même si les obligations sont réputées moins risquées que les actions, elles présentent tout de même plusieurs risques que nous vous présentons ci-dessous.

Le risque de taux d’intérêt

Le risque de taux d’intérêt, c’est quand les taux d’intérêt qui sont fixés par les banques centrales changent. Si ces taux montent, la valeur de vos obligations peut baisser, et vous pourriez perdre de l’argent. Cependant, si les taux baissent, vos obligations peuvent valoir plus, parce qu’elles paient toujours au même taux (défini initialement) et intéressent donc plus les gens. C’est un peu comme une balance : quand les taux d’intérêt montent, le prix des obligations descend, et inversement.

Le risque de crédit

Le risque de crédit, c’est la capacité d’une société ou d’un gouvernement qui a vendu l’obligation (et donc emprunté de l’argent) à rembourser son emprunt et payer les intérêts promis. Si cette entité ne peut pas honorer ses paiements, ou fait « défaut », cela signifie que vous, en tant que détenteur de l’obligation, pourriez ne pas récupérer votre argent. Plus la « qualité de crédit » de l’émetteur est élevée, moins il y a de chances qu’il ne paie pas. Mais attention, ce risque peut beaucoup changer d’une obligation à l’autre.

Le risque de liquidité

Le « risque de liquidité » c’est simplement à quel point il est facile ou difficile de vendre une obligation quand vous en avez besoin. Si une obligation n’est pas très « liquide », vous pourriez avoir du mal à la vendre sans baisser le prix, surtout quand les marchés financiers sont instables. Quand des obligations viennent d’entreprises ou de gouvernements qui ne sont pas très reconnus ou peu solvables, elles peuvent être plus difficiles à vendre rapidement.

Le risque de réinvestissement

Le risque de réinvestissement, c’est quand vous pourriez vous retrouver à devoir placer à nouveau votre argent à un moment où les taux d’intérêt sont faibles. Imaginez que vous ayez gagné des intérêts ou que votre obligation arrive à son terme et que vous récupériez votre mise de départ. Si, à ce moment-là, les nouveaux taux d’intérêt sont bas, vous ne gagnerez pas autant d’argent en replaçant cet argent dans une nouvelle obligation. Cela veut dire que le profit que vous espériez faire pourrait être moins bon que prévu.

Quand investir dans des obligations ?

Quand investir dans des obligations ?

Investir à court-terme avec des obligations

Vous avez un projet à court-terme comme acheter votre résidence principale ou faire le tour du monde ? Vous avez besoin de placer de l’argent à court-terme ?

Certes, vous pouvez utiliser vos livrets A ou Livrets de Développement Durable pour bénéficier d’intérêts.

Vous pouvez également recourir à des comptes à terme.

Les obligations vous permettront d’améliorer sensiblement le rendement de votre épargne à utiliser à court-terme. En effet, vous pourrez investir sur des obligations à faible maturité tout en profitant de taux attractifs, de l’ordre de 4% à 5%.

Une autre alternative serait d’investir votre argent sur du crowdfunding pour bénéficier de rendements encore plus attractifs. Attention cependant, le risque est plus important. Pensez donc bien à diversifier votre portefeuille.

Améliorer le rendement de son épargne de précaution avec les obligations

Votre épargne de précaution, c’est votre réserve d’urgence : elle vous protège face aux imprévus, que ce soit une perte d’emploi, un souci de santé ou une urgence soudaine. Elle doit être accessible et sûre. Le fonds en euros d’une assurance vie vous offre cette sécurité avec un capital garanti. Mais ne vous arrêtez pas là.

Enrichissez votre épargne de précaution avec des obligations : les taux actuels surclassent les rendements des fonds en euros. Et si votre assurance vie le permet, diversifiez avec des unités de compte en obligations pour doper ce rendement. C’est une stratégie gagnante pour un épargnant averti.

Pas d’échéance en vue pour votre épargne ? Optez pour des fonds obligataires pour profiter d’une gestion simplifiée et de rendements attractifs. Votre assurance vie n’en sera que plus performante, et votre épargne de précaution, optimisée.

Questions fréquentes

Comment acheter une obligation ?

Pour acheter une obligation, vous avez plusieurs solutions :

  • Depuis un compte-titres : passer un ordre avec votre courtier. Cela est identique à un ordre d’achat pour une action.
  • Depuis une assurance-vie, un contrat de capitalisation ou un PER : contactez votre conseiller patrimonial ou effectuez vous-même un arbitrage vers une obligation, un ETF ou un fonds obligataire daté.

Quel est l’intérêt d’acheter des obligations ?

Investir dans des obligations comporte de multiples bénéfices pour les investisseurs. Elles fournissent un revenu régulier via les paiements de coupons et assurent la restitution du capital investi à la fin de leur durée. En outre, elles sont souvent perçues comme étant moins risquées comparées aux actions, ce qui les rend séduisantes pour les investisseurs souhaitant varier leur portefeuille.

Est-ce le bon moment pour acheter des obligations ?

Déterminer le moment idéal pour investir dans les obligations peut sembler complexe, n’est-ce pas ? En effet, vous devez prendre en compte de multiples éléments : l’évolution des taux d’intérêt, la conjoncture économique actuelle, sans oublier la solidité financière de l’émetteur de l’obligation. Avant de vous lancer, réfléchissez bien à vos objectifs à long terme et à ce que vous êtes prêt à risquer. Adressez-vous à un professionnel de l’investissement si besoin. Il vous aidera à prendre une décision éclairée.

Quelles sont les obligations les plus rentables ?

Généralement, les obligations offrant les rendements les plus élevés sont celles avec une maturité plus longue et émises par des entités financièrement moins stables, comme les pays émergents ou les entreprises en difficulté. Cependant, il est important de garder à l’esprit que les « obligations les plus intéressantes » comportent des risques significatifs, notamment en termes de défaut de paiement et de fluctuations des taux de change.

Est-il possible d’acheter des obligations avec un PEA ?

Actuellement, le Lyxor PEA Oblig Euro UCITS ETF est le seul ETF obligataire éligible au Plan d’Épargne en Actions (PEA). Ce tracker, lancé en 2019, réplique l’indice MTS Mid Price InvG Ex-CNO Etrix All Maturity (EUR), représentant les obligations d’État les plus liquides de la zone euro. Bien que sa performance soit modeste, avec une hausse de 0,6 % sur un an, il a démontré une bonne résilience en se redressant après la baisse des marchés due à la pandémie de COVID-19.

Quelles obligations acheter ?

Il existe énormément d’obligations différentes. Vous pouvez investir dans des fonds d’investissement d’obligations pur déléguer la gestion de votre portefeuille obligataire. Rapprochez-vous d’un conseiller financier pour établir votre stratégie d’investissement.

Quel est le rendement d’une obligation ?

Le rendement d’une obligation dépend de plusieurs facteurs, comme la maturité de l’obligation (sa durée) et la qualité de crédit de l’émetteur (sa faculté à rembourser le capital et les coupons de l’obligation).

Le contexte macro-économique influence également le rendement d’une obligation : si les taux directeurs des banques centrales sont élevés, les coupons (intérêts de l’obligation) seront plus élevés.


Cyrille est conseiller en investissements financiers membre de l’ANACOFI-CIF. Il dirige le cabinet de gestion de patrimoine Invest’Aide.


En savoir plus sur l’investissement en obligations :

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