PEA ou assurance-vie : mes conseils pour choisir

Publié par Cyrille le

pea ou assurance-vie

Vous souhaitez investir votre épargne sur les marchés financiers afin d’obtenir plus de rendement que les traditionnels livrets ou fonds euros des assurances-vie ?

Classiquement, un épargnant pourra recourir à deux enveloppes fiscales pour acheter des actions ou des fonds d’investissement : le PEA ou l’assurance-vie.

Je vous explique la différence entre ces deux placements et comment bien choisir l’un ou l’autre.

 

Qu’est-ce que le PEA ?

 

Le fonctionnement du PEA

Le PEA signifie Plan d’Epargne Actions. Il s’agit d’une enveloppe fiscale qui vous permet d’investir dans des actions de société de l’Union Européenne.

Il peut s’agir de titres en direct mais aussi de fonds d’investissement, comme des OPCVM.

En contrepartie, vous bénéficiez d’une fiscalité avantageuse puisque passés 5 ans, vous n’avez plus de fiscalité sur la plus-value de votre plan d’épargne. Les contributions sociales restent dues. Le versement sur l’enveloppe est limité à 150 000€ et tout retrait effectué avant 5 ans entraîne la clôture du plan.

 

Les différents types de PEA

Il existe quelques variantes du PEA bancaire traditionnel :

  • Le PEA-PME investi en PME et ETI (limité à un versement de 75 000€)
  • Le PEA jeune (limité à un versement de 20 000€)
  • Le PEA assurance qui est proposé par une compagnie d’assurance. Vous ne pouvez investir que dans des unités de compte (OPCVM par exemple) ou fonds euros.

Si le PEA-PME est assez répandu et permet d’augmenter le plafond de versement du PEA classique de 150 000€ à 225 000€ (150 000€ + 75 000€), le PEA jeune (instauré par la loi PACTE en septembre 2019) et le PEA assurance restent très peu utilisés.

 

Le PEA et la succession

D’un point de vue successoral, le PEA n’est pas le placement le plus adapté. Il entre dans la succession du défunt et les ayants droit doivent payer des frais de succession (après abattements).

En fin de vie, l’investisseur devra veiller au contenu de son PEA et à sécuriser progressivement son capital. En effet, il peut se passer plusieurs mois entre le calcul des frais de succession et la transmission du PEA aux héritiers. Dans des périodes de forte volatilité des marché, il n’est pas rare de voir des droits de succession supérieurs à la baisse des titres du PEA !

 

L’assurance-vie : comment ça marche ?

 

Le fonctionnement de l’assurance-vie

L’assurance-vie est une enveloppe fiscale ouverte dans une compagnie d’assurance. Elle vous permet d’investir dans le fonds euros de l’assureur ou dans des OPCVM (on parle alors d’assurance-vie multisupport), gérés par des gérants professionnels selon une politique définie : secteur géographique, secteur d’activité, nature d’actifs etc.

Il n’existe pas de versement maximum sur une assurance-vie en terme de nombre et de montant. Vous pouvez disposer d’autant d’assurance-vie que vous le souhaitez.

Les retraits n’entrainent pas la fermeture du contrat. Néanmoins, la fiscalité est différente selon la durée de détention de l’assurance-vie.

Venons maintenant à la fiscalité de l’assurance-vie.

Avant 8 ans, les intérêts et plus-values générés sont imposés au PFU de 30%. Après 8 ans, le souscripteur bénéficie d’une franchise d’impôts de 4 600€ (9 200€ pour les couples), puis d’un impôt de 7,5% (contre 12,8% avec le PFU). Les contributions sociales sont toujours dues.

 

Construire une allocation d’assurance-vie

Le nombre important d’unités de compte (si vous choisissez un bon contrat) vous permet de construire une allocation sur-mesure. Cela en fonction de votre profil de risque et de votre durée d’investissement, mais aussi de vos goûts en matière d’investissement.

Afin d’obtenir de bonnes performances sur le moyen long terme, vous devrez donc sélectionner des gérants compétents mais aussi bien diversifier votre portefeuille pour minimiser sa volatilité.

La construction et la gestion d’allocation est l’une de mes spécialités. Vous pouvez consulter la page dédiée sur ma gestion de l’assurance-vie pour plus d’informations (méthode, historique de performance etc.).

 

La succession et l’assurance-vie

L’assurance-vie est un placement particulièrement adapté pour la succession. Ce contrat vous permet de désigner des bénéficiaires (clause bénéficiaire) qui percevront le capital de l’assurance-vie avec une franchise de droit de succession. Cette franchise est de 152 500€ par bénéficiaire. Elle est réévaluée à 30 500€ pour tous les bénéficiaires pour les versements postérieurs aux 70 ans de l’assuré.

 

Comment choisir entre une assurance-vie ou un PEA ?

 

Maintenant que nous venons de redéfinir le fonctionnement de chacun de ces deux placements, je vous propose d’arbitrer selon certaines situations.

 

Préparer sa retraite

Sur un horizon long terme, il est possible d’investir dans un PEA ou une assurance-vie pour se distribuer des revenus complémentaires pour sa retraite.

Vous pourrez également convertir le capital en rente viagère (versée jusqu’à votre décès).

Cette rente sera soumise aux prélèvements sociaux CSG CRDS de 17,2% pour le PEA.

Pour une assurance-vie, une fraction de la rente est imposable en fonction de l’âge de début de jouissance de la rente. Le taux est celui des prélèvements sociaux et du taux marginal d’imposition du bénéficiaire de la rente.

 

Se créer un portefeuille diversifié

Bien que le PEA se prête à la construction d’une allocation d’actifs diversifiée, la balance penche davantage du côté de l’assurance-vie.

En effet, en choisissant un contrat d’assurance-vie qui présente de nombreuses unités de compte, il vous sera possible (aidé d’un conseiller financier) de construire une stratégie d’investissement diversifiée.

Ce sera beaucoup plus compliqué avec un PEA puisque vous ne pourrez investir que dans des actions européennes ou des fonds possédant au moins 75% de valeurs européennes.

Vous pourrez ainsi choisir des fonds :

  • Sur des secteurs géographiques différents : Europe, Amérique du Nord, Asie etc.
  • Des secteurs d’activité variés : hautes technologies, médical etc.
  • Des natures d’actifs différentes : actions, obligations, immobilier (qui n’est pas éligible au PEA), métaux, autres produits dérivés etc.

Néanmoins, le PEA privilégie les actions en direct. Vous pourrez ainsi trouver des actions non cotées très intéressantes au sein de votre PEA (chose difficilement possible avec l’assurance-vie).

 

Préparer sa succession

Comme je l’ai présenté plus haut, l’assurance-vie est sans aucun doute le meilleur placement pour transmettre votre capital à vos héritiers.

En effet, le contrat d’assurance-vie n’entre pas dans l’assiette successorale du défunt. Ce qui permet de transmettre beaucoup plus de capital aux ayants droits.

L’assuré peut ainsi transmettre jusqu’à 152 500€ sans droits de succession et à n’importe qui (famille ou étranger à la famille).

Pour cela, il devra, aidé de son conseiller, rédiger correctement la clause bénéficiaire de son contrat d’assurance-vie.

 

Conserver des liquidités disponibles

Le PEA est le placement le moins flexible car tout retrait avant 5 ans entraîne sa clôture.

On aurait donc tendance à recommander l’assurance-vie… Mais n’oubliez pas qu’investir sur les marchés financiers à court terme (moins de 5 ans) n’est pas recommandé.

Si vous cherchez une épargne disponible qui rémunère un peu plus que le livret A, vous pouvez dans ce cas placer votre argent sur le fonds euros de l’assurance-vie. Notez cependant qu’il est de plus en plus compliqué d’investir 100% de ses versements sur ce type de fonds.

 

Payer le moins d’impôts possible

Minimiser votre imposition ne doit pas être le moteur de votre décision d’investissement. Un placement doit d’abord répondre à un objectif patrimonial précis, on minimise ensuite l’imposition.

Cependant, la fiscalité est plus faible sur un PEA que sur un contrat d’assurance-vie.

Passés 5 ans, seules les contributions sociales sont dues sur les plus-values de votre Plan d’Epargne Actions. Il faudra attendre 8 ans pour l’assurance-vie et la franchise de fiscalité ne sera appliquée que sur les 4 600 premiers euros (9 200€ pour un couple). L’imposition passe ensuite de 0% à 7,5%. Vous devrez également vous acquitter des contributions sociales sur les plus-values de votre contrat d’assurance-vie.


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