Comment choisir son assurance-vie : mes conseils

Publié par Cyrille le

Il existe une multitude de contrats d’assurance vie et de services associés sur le marché. Découvrez comment choisir un contrat d’assurance vie adapté à votre profil et à vos objectifs patrimoniaux.

 

L’assurance vie est une enveloppe fiscale

 

Un contrat d’assurance vie est une enveloppe dans laquelle vous pouvez incorporer plusieurs types d’actif financier. On dénombre deux principales catégories de fonds :

  • Les fonds en euros : Ces actifs sont des placements à capital garanti. Vous ne pouvez donc pas perdre d’argent en investissant dans ces fonds. En contrepartie, la rentabilité du placement est très faible ;
  • Les fonds en unité de compte : Les unités de compte sont des fonds à capital non garanti. Leur valeur fluctue donc plus qu’un fonds en euros. Une perte de capital plus ou moins importante est possible.

 

Généralement, vous pouvez choisir parmi un ou deux fonds en euros dans un contrat d’assurance vie. En revanche, le nombre d’unités de compte est important. Comptez parfois plusieurs centaines de ces fonds !

 

L’avantage de l’assurance vie réside dans sa fiscalité avantageuse : au-delà de 8 ans, la fiscalité est très réduite voire nulle.

Pour tout retrait effectué avant 8 ans, vous devrez vous acquitter du prélèvement forfaitaire unique de 30%.

Passé 8 ans, la règle est la suivante : sur le montant racheté, la part de plus-value générée est soumise à un prélèvement de 7,5% (+17,2% de contributions sociales) après application d’une franchise de 4 600€ (ou 9 200€ pour un couple souscripteur).

 

L’assurance-vie présente un avantage certain si vous souhaitez préparer votre succession. En effet, chaque bénéficiaire de l’assuré percevra une part du capital qui ne sera pas soumise aux frais de succession. Cette franchise s’élève à 152 500€ par bénéficiaire.

 

Vous retrouverez le détail de la fiscalité de l’assurance vie sur le site du gouvernement.

 

Les fonds proposés par une assurance vie

 

La première chose que je recommande est de vérifier la qualité des fonds en euros et des unités de compte. La quantité des fonds est également importante mais en second lieu.

En effet, de nombreuses assurances vie low-cost proposent des contrats avec une multitude de fonds. La majorité de ces fonds sont des fonds « maisons » dont la gestion est de mauvaise qualité et les frais de gestion facturés par le fonds sont importants.

D’autres assurances vie, notamment les contrats à destination des clients de conseillers en gestion de patrimoine fonctionnent en « architecture ouverte ».

C’est avec elles que je travaille pour mes clients.

Les fonds sont négociés et ajoutés au contrat en fonction de leur performance et non des rétro-commission des gestionnaires des fonds ou de l’appartenance ou non au même groupement bancaire. En contrepartie, les frais d’entrée et de gestion du contrat sont plus élevés.

Il y a donc une meilleure transparence et on évite ainsi un conseil biaisé par les commissions. Cela est malheureusement le cas chez de nombreux courtiers qui mettent en avant les fonds sur lesquels ils facturent le plus de rétro-commission…

 

Attention à ne pas confondre assurance-vie et fonds euros

De nombreuses personnes résument l’assurance vie à un placement ayant un rendement de x%. Ces mêmes personnes confondent l’assurance vie et les fonds en euros qu’elle propose.

La performance d’un contrat proposé par un assureur ne peut pas s’arrêter à la rentabilité du fonds en euros.

En effet, les fonds en euros sont de moins en moins rentable et les assureurs n’encouragent plus leurs investisseurs à investir sur ces fonds.

Bien que la rentabilité soit faible, les assureurs ne peuvent plus garantir de tels rendements. Ils doivent donc puiser dans leurs réserves afin de distribuer des performances correctes chaque année.

De plus, les normes de solvabilité imposent aux assureurs une immobilisation importante de leur fonds propres. Ce qui est très coûteux pour eux et pèse dans leur résultat comptable.

 

En définitive, retenez qu’aujourd’hui vous devez vous diriger vers d’avantage d’unités de compte si vous souhaitez obtenir une rentabilité descente. Pour rappel, l’inflation s’élève à près de 2%. Vous perdez donc de l’argent en épargnant sur un fonds euros !

Attention toutefois, méfiez-vous de ce que l’on vous dit ! Investir dans des unités de compte vous demandera une certaine expertise si vous souhaitez réellement rentabiliser votre assurance-vie. Vous devrez donc consacrer du temps à vos investissements ou faire le choix de déléguer la gestion si vous n’avez ni le temps, l’envie ou les compétences de vous en charger.

 

Les frais de l’assurance vie

 

A ce stade, vous devez distinguer deux choses : le contrat d’assurance vie (l’enveloppe ou le contenant) et les fonds (le contenu). Pour le contrat d’assurance vie et les fonds, vous devrez vous acquitter de divers frais.

Le premier type de frais repose sur le contrat d’assurance vie lui-même :

  • Les frais sur les versements : Lorsque vous abondez votre placement, des frais sont prélèves sur les versements. Par conséquent, vous investissez moins que vous ne versez sur votre assurance vie ;
  • Les frais de gestion : Chaque année, des frais seront prélevés sur votre assurance vie sous la forme d’une diminution du nombre des parts de chaque fonds ;
  • Les frais sur arbitrage : A chaque arbitrage, des frais seront appliqués. L’arbitrage consiste à modifier la stratégie d’investissement de votre assurance vie. Par exemple, passer d’une assurance vie exclusivement composée de fonds en euros vers une assurance vie en unités de compte.

 

Ensuite, des frais sont prélevés à la source de vos fonds en euros et unités de compte. Ces frais sont beaucoup plus « vicieux » car ils n’apparaissent pas sur vos relevés de compte. Etant prélevés à la source, ils impactent la valorisation des fonds mais il est difficile pour vous de connaître leur montant.

Votre assureur ou votre conseiller en gestion de patrimoine doit vous fournir un document appelé DCI (Document d’Information Contractuel) pour chaque fonds dans lequel vous avez investi. Il vous permettra de connaître le montant des frais.

Assurez-vous donc que ces frais soient justifiés et apportent réellement une plus-value sur la gestion et sur le rendement du fonds.

 

Classiquement, on retrouve les types de frais suivants sur les fonds :

  • Frais de gestion courant : Chaque année, le gestionnaire du fonds prélève des frais afin de financer les charges annuelles du fonds (salaire des gestionnaires et autres frais récurrents)
  • Frais à l’entrée : Lorsque vous investissez dans le fonds, des frais sont prélevés sur le montant investi ;
  • Frais à la sortie : Lorsque vous désinvestissez le fonds, des frais sont retenus sur le montant restitué ;
  • Commission de sur-performance : Au delà d’un indice défini par le gestionnaire, ce dernier ponctionne des frais sur la différence entre la performance du fonds et dudit indice.

 

Comment savoir si les frais de votre assurance-vie ne sont pas trop élevés ?

Assurez-vous de bien comprendre les frais qui composent votre assurance-vie et imposez à votre intermédiaire financier le détail des frais que vous payez si ce n’est pas le cas.

Durant de nombreuses années, de nombreux intermédiaires financiers ont facturé des frais importants pour un service rendu très faible (et c’est parfois encore le cas…).

De nombreux courtiers et sites internet tiennent donc le discours suivant : vous devez à tout prix minimiser les frais de l’assurance-vie. Beaucoup de personnes ont une vision court-terme et pensent, à tord, que les frais réduisent la performance de l’assurance-vie et qu’il faut en payer le moins possible.

Généraliser cette approche est totalement stupide…

De nombreuses personnes n’ont ni le temps, ni les compétences ou même l’envie de gérer leur assurance-vie. C’est un métier, qui s’apprend certes, mais qui vous demandera de nombreuses heures d’apprentissage (et de nombreuses erreurs également). Leur conseiller d’ouvrir une assurance-vie sans frais et les laisser gérer le pilotage de leur assurance-vie est une grave erreur qui leur coûtera bien plus cher que les frais supplémentaires qu’ils auraient payé pour une gestion digne de ce nom.

Je travaille avec des assurances-vie haut-de-gamme et je délivre un suivi personnalisé pour mes clients qui, justement, ne veulent pas gérer eux-même leurs placements.

Je facture des frais d’entrée (très) élevés. Et pourtant, croyez-moi, la performance de leur assurance-vie est bien meilleure que celle qu’ils avaient jusqu’à présent et qu’ils ne savaient pas gérer eux-même.

Lorsque vous déléguez la gestion de votre assurance-vie, assurez-vous bien que le surplus de frais est justifié et se retrouvera dans la qualité du service (réactivité, travail personnalisé) et dans les performances.

Enfin, sachez que de nombreux courtiers, banque et assureurs attirent les investisseurs en leur proposant des frais sur l’assurance-vie très bas. En revanche, ils négocient des rétro-commissions importantes sur les frais prélevés par les gestionnaires des fonds ! C’est notamment le cas pour les fameux fonds dits « maison ». Soyez vigilant, c’est une manière de dissimuler des frais pour tromper les investisseurs…

 

Les critères pour choisir une assurance vie

 

Une assurance-vie n’a réellement de l’intérêt que sur une durée minimale de 2 ans. En effet, sur des durées aussi courtes, vous devrez investir exclusivement en fonds euros (vous aurez de grandes difficultés à trouver un assureur qui vous autorise à verser aujourd’hui 100% de votre montant sur des fonds euros) et la fiscalité restera forte.

Au-delà de 2 ans, vous pouvez commencer à envisager l’investissement en unités de compte et ainsi générer plus de performance. Veillez à respecter votre profil de risque pour ne pas vous surexposer au risque et « craquer » en cas de chute des marchés. Le pire est de constater une perte suite à une revente trop rapide.

Si vous êtes à l’aise et savez vous-même choisir vos unités de compte, dirigez-vous vers des assurances-vie en ligne gérées par des courtiers. Leur coût est très faible et vous permettra de maximiser la rentabilité. Par contre, à ce prix, ne vous attendez pas à avoir un conseiller indépendant pour vous aider à choisir vos fonds. Vous devrez vous-même faire ce travail technique.

Si, au contraire, vous préférez déléguer ce travail, adressez-vous à un conseiller financier (un minimum de versement est bien souvent exigé). Le conseiller sera vous diriger vers une allocation sur-mesure et performante. Vérifiez tout de même que le nombre de fonds à sa disposition est suffisamment important pour que son conseil ne soit pas biaisé. N’hésitez pas à bien comprendre de quelle manière il est rémunéré pour éviter les mauvaises surprises.

Vous pouvez également choisir des gestions pilotées dans une assurance-vie low-cost mais attention à l’indépendance de la maison de gestion… (personnellement, je déconseille).

Pour résumer, vous devez comparer les caractéristiques suivantes d’une assurance vie :

  • La qualité et le nombre de fonds proposés par l’assurance vie : une offre large en fonds vous permettra de dénicher les meilleurs fonds. Reposez-vous sur votre conseiller indépendant pour saisir les meilleures opportunités du marché.
  • Les frais de gestion : il existe une multitude de frais. Les frais sur les fonds, les frais sur versement, les frais de gestion etc. L’idéal est de les minimiser mais réduisez en priorité les frais récurrents, comme les frais des fonds ou les frais de gestion. Bien souvent, une énorme quantité de frais non justifiés se dissimule dans votre contrat d’assurance-vie. Si cela est nécessaire, ne réduisez pas les frais au détriment du conseil et de la qualité de l’accompagnement sur votre assurance-vie.
  • La rentabilité estimée du contrat d’assurance vie (issue de l’historique des fonds) : sur la base de l’historique des fonds, vous pourrez projeter un rendement potentiel. Attention toutefois, les rendements historiques ne sont pas toujours représentatifs des rendements à venir ! De plus, choisir des rentabilités élevées sous-entend des risques plus conséquents. Faites le point sur votre sensibilité au risque avant de vous engager dans une allocation d’assurance-vie.
  • Le service du conseiller : si vous savez vous-même gérer votre assurance-vie, il est inutile de choisir une assurance-vie avec un service premium ou un conseil dédié. En revanche, si vous ne connaissez rien aux marchés financiers, je vous déconseille fortement de vous passer d’un conseiller dédié qui vous aidera à faire les meilleurs choix. Bien sûr, cela à un coût. Fuyez si l’intermédiaire vous dit que cela ne génère pas de coût supplémentaire : il y a fort à parier qu’il vous recommandera les fonds qui le commissionnent le plus.

 

 

 

Plus d’informations :